Binance, c'est fini !
STRC : l’épée de Damoclès au-dessus de Strategy (et du Bitcoin)
Bienvenue sur Momentum, la newsletter pour investir et gérer ses finances personnelles ! Aujourd’hui, on parle de :
Washington, nouvel actionnaire de la Tech US
Comment retirer vos cryptos de Binance sans faire d’erreur ?
STRC : l’épée de Damoclès au-dessus de Strategy (et du Bitcoin)
BITCOIN : les ETF affichent une sortie record de 4 mds$ sur le mois de juin. Le bottom n’est pas encore en vue.
TRUMP : le président US déclare détenir plus de 50 m$ de BTC et d’ETH
OR : le cours du métal jaune perce le plancher des 4.000 USD l’once
RUSSELL : l’indice de small caps US franchit la barre symbolique des 3.000 points
CAC40 : l’indice français franchit la barre des 8.400 points
MICRON : la société enregistre un bull-run record de près de 210 % depuis avril 2026
Washington, nouvel actionnaire de la Tech : 20,9 Md$ en 16 deals
L’État fédéral américain, longtemps héraut du libre marché, est devenu un investisseur de poids. Depuis janvier 2025, il a engagé près de 20,9 milliards de dollars dans seize prises de participation directes.
Le casting impressionne :
Intel (10 % du capital),
MP Materials dans les terres rares (un bon de souscription pour 15 %, un prix plancher, et un Pentagone qui s’engage à acheter 100 % des aimants pendant dix ans),
Lithium Americas (5 %),
US Steel (une « golden share » qui donne un droit de veto),
9 sociétés de calcul quantique,
Et des discussions autour d’OpenAI et xAI.
Pourquoi c’est intéressant pour nous
Pour ces sociétés, le soutien public est un dérisquage massif : demande garantie, prix plancher, subventions, barrière à l’entrée…
Le marché l’a bien compris : MP Materials a flambé après son accord. Un actif adossé à une commande publique pluriannuelle offre une visibilité que peu d’acteurs privés peuvent égaler.
Mais attention au revers
La « golden share » permet à l’État de bloquer des décisions : l’intérêt de l’actionnaire passe alors après la stratégie nationale.
Et l’histoire est sévère avec l’État allocateur de capital, EDF, Air France ou Atos en témoignent.
S’ajoute une dépendance au cycle politique : une nouvelle administration peut tout renverser.
À retenir
Ni aubaine en bloc, ni piège systématique : tout se joue dans les termes du contrat :
Privilégier les dossiers où la commande publique est écrite noir sur blanc et chiffrée (offtake + prix plancher, comme dans les terres rares),
Traiter le soutien étatique comme un facteur de risque, pas comme une garantie,
Et se positionner en taille mesurée.
L’exposition passe par des actions américaines en compte-titres ou des ETF thématiques, sans oublier le risque de change euro/dollar.
Comment retirer vos cryptos de Binance sans faire d’erreur ?
Un point important si vous détenez des cryptos, surtout sur Binance.
Avez-vous reçu cet email de leur part le 24 juin dernier ?
Je vous ai alerté dès le 17 juin dernier et donné les moyens d’anticiper.
Pas de panique : vous pouvez encore réagir pour tranférer vos cryptos en toute sécurité.
Que se passe-t-il ?
Une nouvelle règle européenne entre en vigueur : MiCA.
À partir du 1er juillet 2026, toute plateforme crypto doit avoir un agrément officiel pour continuer à travailler en France.
Pas d’agrément = pas d’activité.
Les plateformes ont eu plusieurs années pour s’y préparer, mais l’agrément est long à obtenir.
Résultat : plusieurs dizaines de plateformes sont encore sans agrément aujourd’hui, Binance en tête
Le 24 juin ils ont officiellement annoncé qu’ils ne l’obtiendraient pas à temps.
Conséquence : ils doivent cesser toute activité dans l’UE
Et vous retirer vos fonds de la plateforme.
Quoi faire ?
Bonne nouvelle : la plupart des grandes plateformes sont déjà en règle.
Pour elles, le 1er juillet est un non-événement.
C’est le cas, à ce jour, de Kraken, Coinbase, Bitpanda, Coinhouse, Bitstack et Trade Republic.
À l’inverse, certaines sont encore à risque.
Binance d’abord (c’est l’objet de son message).
Mais aussi Bybit, Bitget, KuCoin, MEXC ou Gate.io.
La seule source qui fait foi : la liste blanche de l’AMF (amf-france.org) et le registre européen ESMA (lien direct : ici).
Une plateforme où vous avez des fonds n’y figure pas ? Considérez-la comme à risque.
Ce que je fais
J’ai transféré une partie de mes cryptos de Binance vers Kraken, qui est parfaitement en règle.
J’ai déjà le gros de mes cryptos sur mon cold wallet Ledger.
C’est d’ailleurs un principe que je défends de longue date :
« Not your key, not your coin »
Vos cryptos ne sont vraiment à vous que si vous détenez vos clés.
La loi protège moins vos fonds sur une plateforme crypto que chez un courtier classique.
Risque de piratage, pas d’assurance des dépôts…
Donc en règle générale : ne laissez jamais vos fonds trop longtemps sur un exchange.
En ce moment, c’est encore plus vrai
Ne laissez pas vos fonds dormir sur Binance, basculez-les sur Kraken, ou rapatriez-les sur votre Ledger.
Vous ne savez pas comment faire ?
J’ai un partenaire qui a créé un dossier spécial dans lequel il explique comment s’y prendre :
Vous gardez le contrôle total : Personne ne peut bloquer, voler ou geler vos fonds.
Vous évitez les pires scénarios : Hacks, faillites, blocages de retraits, comptes gelés... ça peut arriver, même sur les plus gros exchanges.
Vous dormez (vraiment) tranquille : Pas besoin de surveiller les actualités ou de paniquer à chaque bug.
Vos cryptos sont à l’abri, et vous dormez sur vos deux oreilles
STRC : l’épée de Damoclès au-dessus de Strategy (et du Bitcoin) ?
Strategy a inventé une machine à transformer le Bitcoin en rendement. Tant que le BTC monte, elle tourne parfaitement. En bear market, une mécanique inverse pourrait s’enclencher. Décryptage froid, sans catastrophisme.
Qu’est-ce que le STRC, vraiment
Le STRC est une action de préférence perpétuelle, surnommée « Stretch ».
Sa valeur de référence est 100 $.
Elle verse un dividende d’environ 11,5 % par an, payé deux fois par mois en cash.
Son originalité tient à un mécanisme rare. Chaque mois, Strategy ajuste le taux du dividende pour maintenir le titre proche de 100 $. Si le STRC se négocie sous le pair, le taux monte. Et sous 95 $, Strategy est contractuellement obligée de relever le taux de 0,5 % sur toutes les actions en circulation.
Un point doit être corrigé, car il circule beaucoup :
Le STRC n’est pas garanti par des bitcoins
Contrairement à une dette sécurisée, ses détenteurs n’ont aucun droit sur des BTC précis. Ils disposent seulement d’une créance privilégiée sur l’actif résiduel de l’entreprise, senior aux actions ordinaires.
Marketé comme « bitcoin-backed », l’instrument ressemble juridiquement à un titre subordonné non sécurisé. Cette nuance compte pour la suite.
La mécanique potentiellement dangereuse
Pour verser plus de dividendes, il faut du cash. Et Strategy en a justement trouvé d’une manière inédite : fin mai, elle a vendu 32 BTC (~2,5 M$), sa première vente depuis 2022, pour financer le dividende du STRC.
Anodin en soi. Mais l’enchaînement théorique l’est moins.
Le Bitcoin baisse. Les pertes latentes explosent : 12,5 milliards de dollars au premier trimestre 2026, la plus lourde perte de l’histoire de l’entreprise.
La confiance s’érode
Le STRC se vend sous son pair : après quelques décrochages brefs et vite corrigés (comme le 5 février), le titre a vraiment lâché depuis la mi-juin, touchant jusqu’à ~74,5 $ selon les séances.
Sous 95 $, le dividende doit monter. Donc le besoin de cash augmente. Donc la tentation de vendre du BTC grandit. Ce qui pèse sur le prix du BTC. Ce qui aggrave les pertes. Ce qui érode encore la confiance.
C’est la définition d’un cercle vicieux réflexif.
Le facteur aggravant
Le mNAV de Strategy est tombé sous 1 (environ 0,77×) : l’entreprise se paie moins cher que ses bitcoins.
Or sa principale source de financement, l’émission d’actions au fil de l’eau, devient destructrice de valeur en décote.
Moins d’argent frais par les actions, donc plus de dépendance aux ventes de BTC. Ensuite, la taille : avec plus de 840 000 BTC (près de 4 % de l’offre mondiale), toute vente significative serait scrutée comme un signal, avec un effet d’entraînement potentiel sur tout le marché.
Pourquoi ce n’est (probablement) pas un nouveau FTX
Il faut rester lucide dans les deux sens.
Les 32 BTC vendus sont une goutte d’eau face aux 840 000 détenus. Surtout, le STRC est perpétuel et non sécurisé : il n’existe ni appel de marge, ni covenant, ni échéance qui forcerait une vente panique.
En revanche, il faut nuancer le propos car Strategy a également publié un programme de monétisation de Bitcoin lui permettant de vendre 1,25 Md$ de BTC pour financer les dividendes de STRC.
Strategy n’est jamais obligée de rembourser le capital. Le dividende, lourd (environ 390 M$ par an), reste finançable autrement que par le BTC tant que les marchés de capitaux restent ouverts. Pour contraindre Strategy à liquider massivement, il faudrait un effondrement du Bitcoin bien plus profond que l’actuel.
Et la comparaison avec FTX est accrocheuse mais fragile. FTX, c’était une fraude, une insolvabilité, des fonds clients détournés. Le STRC, c’est un instrument coté, aux termes publics, dont chaque mouvement est transparent. Le vrai risque ici n’est pas un défaut soudain : c’est la réflexivité de la confiance, amplifiée par la décote sur l’actif net.
La bonne nouvelle : tout est surveillable
Si, par hypothèse, le point bas de ce cycle devait être provoqué par ce mécanisme, rien n’est moins sûr, alors l’avantage est immense : il est lisible en temps réel.
Trois signaux suffisent :
Le cours du STRC, et ses seuils de 100 $ et 95 $
Les dépôts réglementaires de Strategy (les fameux 8-K) : vend-elle du BTC, et combien ?
Et le mNAV, qui mesure la prime ou la décote sur les bitcoins détenus.
Tout est disponible en direct sur le site de la société : https://www.strategy.com/
Ces données sont publiques et gratuites. Un investisseur discipliné peut s’en servir non pour paniquer, mais pour réallouer son capital intelligemment à l’approche d’un éventuel bottom, en vue du cycle suivant.
Le STRC n’est pas une bombe à retardement certaine. C’est une épée de Damoclès à surveiller de près
Ne pas l’ignorer, ne pas en faire un drame : suivre les trois signaux.
Si le cercle s’enclenche, il sera visible. Et ce qui est visible peut se transformer en opportunité.
À la semaine prochaine sur Momentum !
L’équipe Momentum ⏳










